Marion Lata

Doctorante en littérature comparée à l'Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3.

marion.lata.jpgActuellement en fin de thèse (rendu en septembre si tout va bien !), je travaille sous la direction de Sophie Rabau, dans le laboratoire du CERC de la Sorbonne Nouvelle. Mes recherches portent sur la formulation d'une théorie de la lecture centrée non plus sur le texte (notion qui a surtout connu un traitement linguistique) mais sur l'exemplaire, papier comme numérique.

Il s'agit donc de proposer des concepts pour appréhender la lecture qui tiennent compte de sa dimension matérielle (sous forme de livre ou d'affichage à l'écran, l'exemplaire est toujours ce que j'ai sous la main) et de ses possibilités individuelles (on lit toujours un exemplaire parmi d'autres, qui peut différer de celui d'autres lecteur.ice.s).

Cela m'amène à considérer d'une part les enjeux d'une appréhension non-dualiste de la matérialité littéraire, en faisant dialoguer l'histoire du livre et le champ des études sur la littérature numérique, les théories de la réception et des concepts issus des Sciences de l'Information et de la Communication. Une théorie de l'exemplaire conduit d'autre part à considérer la lecture comme une activité qui engage le corps individuel : parmi les outils proposés, mon travail développe donc la notion de corps de lecture, une classification des gestes lectoraux et des différents styles de performance auxquels chaque lecteur.ice peut avoir recours face à son exemplaire.

Enfin, ma démarche est comparatiste à deux titres. D'abord parce qu'elle met en regard les propriétés des exemplaires papier (imprimés mais également manuscrits) avec celles des exemplaires numériques (notion définie à l'écart de l'image d'un numérique "virtuel et immatériel") et cherche à faire émerger des phénomènes inaperçus à travers ce dialogue, qu'ils soient transversaux ou spécifiques à un support. Ensuite parce qu'elle cherche à prêter attention et à donner une existence théorique à toutes les manières dont nos lectures se différencient : parce que nous ne lisons pas le même exemplaire, que nous n'y lisons parfois pas matériellement la même chose (dans le cas des exemplaires interactifs), que nous n'y trouvons pas tou.te.s la même assise ou la même agentivité, et que nous n'en faisons pas la même chose. Ce qui justifie aussi qu'une lecture puisse être quelque chose qui se partage, se transmet, laisse des traces archivables mais aussi transformables jusqu'à permettre de produire des exemplaires autres.

Plus largement, je m'intéresse aux liens entre littérature papier et littérature numérique, aux pratiques d'écriture amateur et particulièrement à la fan fiction, à l'histoire du livre et de l'édition, à la bibliographie matérielle, aux études de performance, à la ludologie (études vidéoludiques) et aux dynamiques transfictionnelles et transmédiatiques en général.

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Marion Lata